Les quatre facteurs qui déterminent les besoins en stockage
Tout calcul de capacité de stockage pour un système de vidéosurveillance professionnel repose sur quatre facteurs : le nombre de caméras dont vous disposez, le volume de données généré par chaque caméra, la durée de conservation souhaitée des enregistrements, et le type d'enregistrement (en continu ou uniquement en cas de mouvement).
Résolution et débit binaire
Les caméras à haute résolution capturent davantage de détails, et plus de détails signifie plus de données. À titre indicatif, pour un enregistrement en continu à une cadence de 15 à 20 images par seconde avec la compression H.265 :
Une caméra de 2 Mpx (1080p) génère généralement entre 1,5 et 3 Mbps environ. Une caméra de 4 Mpx génère généralement entre 3 et 5 Mbps environ. Une caméra de 8 Mpx (4K) génère généralement entre 6 et 12 Mbps environ.
Ces chiffres varient considérablement en fonction de la complexité de la scène : une caméra braquée sur un parking très fréquenté, où le mouvement est constant, génère bien plus de données qu'une caméra filmant un entrepôt calme, car la compression consiste à n'encoder intégralement que les changements observés d'une image à l'autre.
Compression : H.264 vs H.265
Le codec de compression a un impact plus important sur l'espace de stockage que ne le pensent la plupart des acheteurs. Le H.265 (également appelé HEVC) permet généralement de réduire la taille des fichiers de 40 à 50 % par rapport au H.264, à résolution et qualité égales, car il compresse la vidéo plus efficacement.
Si votre système prend en charge le format H.265 à la fois sur les caméras et sur l'enregistreur, vous pouvez souvent réduire de près de moitié vos besoins totaux en stockage pour une même durée de conservation, ce qui se rentabilise généralement dès la première année grâce à la réduction des coûts liés au matériel et au cloud..

La formule du rangement
Une formule simplifiée permettant d'estimer la capacité de stockage totale par caméra :
Capacité de stockage par caméra (Go) = (débit en Mbps ÷ 8) × 3 600 × 24 × nombre de jours de conservation ÷ 1 000
Multipliez ce résultat par le nombre total de caméras de l'ensemble du système.
Exemple détaillé
Prenons l'exemple d'un établissement commercial de taille moyenne équipé de 16 caméras, chacune transmettant en moyenne 4 Mbps avec une compression H.265, et appliquant une politique de conservation des données de 60 jours.
Par caméra : (4 ÷ 8) × 3 600 × 24 × 60 ÷ 1 000 ≈ 259 Go. Pour les 16 caméras : 259 × 16 ≈ 4,1 To.
Il s'agit là d'une estimation pour un enregistrement continu, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La plupart des systèmes commerciaux réduisent considérablement cette durée en combinant plusieurs des stratégies présentées ci-dessous.
L'enregistrement basé sur la détection de mouvement permet de réduire l'espace de stockage de 50 à 70 %
L'enregistrement uniquement en cas de détection de mouvement, plutôt qu'en continu, constitue le principal moyen de réduire l'espace de stockage sans diminuer la couverture.
Les zones peu fréquentées pendant la nuit, comme le sol d'un entrepôt ou une cage d'escalier de service, ne sont « actives » qu'une fraction de la journée, et l'enregistrement déclenché par le mouvement permet de capturer ces images sans avoir à payer pour des heures d'enregistrement dans un couloir désert. La plupart des systèmes commerciaux appliquent ce principe de manière sélective : enregistrement continu aux entrées et dans les zones hautement prioritaires, enregistrement déclenché par le mouvement partout ailleurs.
Comment les délais de conservation sont-ils généralement fixés ?
La durée de conservation doit être fixée en fonction du délai moyen nécessaire pour qu'un incident soit détecté, et non dans le but de réduire au minimum les coûts de stockage. La plupart des entreprises au Canada retiennent généralement une durée de référence comprise entre 30 et 90 jours.
La durée de conservation doit être fixée en fonction du délai moyen nécessaire pour qu'un incident soit détecté, et non dans le but de réduire au minimum les coûts de stockage. La plupart des entreprises au Canada retiennent une durée de référence comprise entre 30 et 90 jours.
Vérifiez toujours votre police d'assurance et vos contrats de location, car certains d'entre eux prévoient explicitement une durée minimale de conservation.

Stockage dans le cloud, sur site ou hybride
Le stockage sur site (via un NVR local équipé de disques durs) constitue généralement l'option la plus économique pour les systèmes comportant un grand nombre de caméras et nécessitant de longues durées de conservation, car il n'implique aucun abonnement récurrent au cloud lié au volume de stockage.
Les coûts du stockage dans le cloud varient en fonction du nombre de caméras et de la durée de conservation des données, mais cette solution protège les enregistrements même en cas de dommage, de vol ou de panne du matériel local, et simplifie la gestion sur plusieurs sites. De nombreux établissements commerciaux ont recours à une configuration hybride : un stockage sur site pour une conservation complète des données, associé à une sauvegarde dans le cloud limitée aux événements signalés ou aux caméras clés, ce qui permet de trouver un équilibre entre coût et résilience.
Liste de contrôle pratique pour le dimensionnement
Avant de finaliser un système, vérifiez les points suivants :
- Nombre de caméras et résolution par caméra ; prise en charge du format H.265 de bout en bout (caméras et enregistreur/NVR)
- Quelles caméras permettent un enregistrement en continu et lesquelles ne fonctionnent qu'en cas de détection de mouvement ?
- La durée de conservation requise (vérifier les conditions de l'assurance et du contrat de location)
- Déclaration finale concernant le stockage dans le cloud ou le stockage hybride
Tout fournisseur compétent de solutions de sécurité commerciale devrait être en mesure d'adapter votre système à ces paramètres lors d'une évaluation sur site, plutôt que de vous proposer une offre standard.
Déterminez précisément vos besoins en stockage
Essayer d'estimer ses besoins en stockage conduit presque toujours soit à payer trop cher pour une capacité que l'on n'utilise pas, soit à se retrouver à court d'espace de conservation au moment même où l'on en a le plus besoin.